Le Grand Débrief de la fin Novembre

G20: Une grande puissance manque à l’appel

Nous l’avions déjà compris dès son premier mandat, Maître Trump ne considère pas les grands sommets internationaux. Pour lui, ils incarnent un multilatéralisme bavard et inefficace. Ainsi, après avoir annoncé officiellement qu’il considérait le G20 comme anti-américain, Trump a adopté la politique de la chaise vide. En effet, ce sommet international était prévu à Johannesburg, en Afrique du Sud, les 22 et 23 novembre de cette année. Or, selon Trump, l’Afrique du Sud persécute les minorités blanches, d’où son refus. Nous savons qu’il s’agit là bien plus d’un prétexte que d’une réalité, mais cela n’a pas empêché que l’absence de représentation des États-Unis lors de ce sommet.

Pour la première fois depuis longtemps, alors le monde a fonctionné sans les États-Unis, d’autres dynamiques se sont ainsi dessinées. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a, par exemple, profité de l’absence des États-Unis pour souligner le fait que la coopération internationale pouvait continuer sans eux. Le Brésil, et d’autres pays, ont reconnu la puissance économique que représente les États-Unis, mais ont eux aussi soutenu l’importance du multilatéralisme face à l’unilatéralisme américain.

Bilan de cette absence américaine : des alliances et des accords ont tout de même été conclus. La politique de la chaise vide du président Trump a même permis un plus grand espace de coopération entre l’Afrique du Sud et l’Union européenne. Les décisions ont davantage été tournées vers le changement climatique et la transition énergétique; des sujets plus compliqués à débattre avec l’acteur américain. Enfin, les enjeux géopolitiques actuels ont eux également été mentionnés, notamment la guerre en Ukraine et la politique de taxation agressive des États-Unis.

Diplomatie du panda : la France est-elle toujours une amie de la Chine ?

https://actus.zoobeauval.com/jour-historique-dapart-pandas-geants-huan-huan-et-yuan-zi/

Mardi 25 novembre, en Centre-Val de Loire, à Beauval, l’unique couple de pandas géants présent en France a quitté le zoo plus tôt que prévu. La cause ? Des raisons médicales : la femelle souffrait en effet d’une insuffisance rénale.

Huan Huan et Yuan Zi avaient été prêtés à la France par la Chine depuis 2012. Cela peut sembler étonnant, mais il s’agit d’une pratique chinoise courante. Appelée la « diplomatie du panda », celle-ci consiste en le prêt de ces grandes boules de poils à certains pays dans le but de consolider les liens avec la Chine.

La France comptait jusque-là parmi les privilégiés, puisqu’une vingtaine de pays seulement accueille actuellement ces animaux. Ce partage franco-chinois a d’autant plus marqué les esprits que deux bébés pandas sont nés de ce prêt, démontrant les bonnes conditions de vie des animaux au sein du zoo.

En effet, les pandas sont aujourd’hui en voie de disparition. Cela est dû, certes, au braconnage qu’ils subissent, mais aussi à la difficulté de leur reproduction et au temps particulièrement long nécessaire à celle-ci.

Ce retour en Chine a donc ému. Véritables outils diplomatiques, les pandas ont vu leur départ soigneusement planifié. Celui-ci s’est déroulé sous escorte officielle, en présence de responsables français et chinois, soulignant l’enjeu diplomatique de leur départ.

Ainsi, aujourd’hui, Beauval ne conserve plus que les deux bébés pandas nés du couple. Cependant, les autorités chinoises ont tenu à rassurer la France, assurant l’arrivée possible de nouveaux pandas.

 

Face à Pékin, Taïwan mise sur le renforcement de sa défense

À Taïwan, les tensions avec la Chine semblent se concrétiser. En effet, le président taïwanais Lai Ching-te a récemment annoncé une augmentation du budget militaire, le faisant passer à 40 milliards de dollars. Un tel budget permettra principalement l’achat d’armes américaines,  investissements répondant principalement aux encouragements du pays d’accroître les capacités de défense du pays face aux tensions grimpantes avec la Chine.

En effet, Beijing (Pékin) prétend que l’ensemble des îles de la mer de Chine, et donc Taïwan, font partie intégrante de son territoire. Ainsi, le géant asiatique continue les intimidations militaires en eaux internationales, poussant les pays de cette zone à réaffirmer leur puissance et leurs capacités de défense.

La décision permettrait ainsi d’augmenter le budget militaire du pays de 3,3 % en 2026, avec pour objectif final une hausse de 5 % d’ici 2030. Les fonds seront principalement utilisés pour l’achat de missiles de défense, de drones et de navires sans équipage (« unmanned vessels »), ainsi que pour le développement d’une industrie d’armement nationale.

Cette proposition a bien évidemment soulevé l’indignation et les critiques politiques. En effet, les partis d’opposition questionnent ces emprunts : combien vont-ils coûter au pays ? Pourquoi y a-t-il des retards du côté américain, notamment sur des projets coûteux comme les sous-marins ? De manière globale, ce débat montre la division nationale entre ceux qui privilégient le dialogue avec la Chine et ceux qui estiment qu’un développement de l’armée est aujourd’hui nécessaire. 

Éthiopie, le géant Hayli Gubbi se réveille après 12 000 ans

Afar Government Communication Bureau, via Associated Press

Ce dimanche 23 novembre, le volcan Hayli Gubbi est entré en éruption dans le nord-est de l’Éthiopie, pour la première fois depuis environ 12 000 ans.

L’éruption a produit un vaste nuage de cendres qui s’est déplacé à travers une grande partie de l’Asie, au-delà de la mer Rouge. Ce nuage de cendres a entraîné sur son passage des bouleversements atmosphériques brutaux. Ces conditions climatiques ont affecté le trafic aérien indien, provoquant des retards et l’annulation de nombreux vols sur plusieurs plateformes aéroportuaires majeures, comme Delhi, Mumbai et Chennai. Le nuage s’est ensuite étendu vers le Myanmar et le sud de la Chine.

Aucun dégât n’a été annoncé par les médias éthiopiens, l’éruption ayant eu lieu dans une région peu densément peuplée du pays. Cependant, l’impact sur l’environnement, le bétail et les zones de pâturage locales pourrait se révéler significatif.

Le pape Léon XIV entame son pontificat par un voyage en Turquie et au Liban

Pour son premier voyage international, le pape Léon XIV a décidé de se rendre en Turquie et au Liban, moins de sept mois après le début de son pontificat. Ce choix du pape démontre une volonté de se concentrer sur la géopolitique, le dialogue interreligieux et la paix, des valeurs qu’il avait déjà évoquées lors de sa prise de fonction.

Lors de son arrivée en Turquie, le pape Léon XIV marquera le 1 700ᵉ anniversaire du concile de Nicée, mettant ainsi l’accent sur l’unité chrétienne entre les Églises catholique et orthodoxe, ainsi que sur l’ouverture au monde musulman. En rencontrant le président Recep Tayyip Erdogan, il soulignera les relations qu’entretiennent le Vatican et la Turquie et montrera un engagement plus large avec l’islam.

Puis, au Liban, il apportera son soutien aux chrétiens maronites et à un pays encore fragilisé par la crise économique, les conflits et le souvenir de l’explosion du port de Beyrouth. Cette visite interviendra également dans un contexte de cessez-le-feu régionaux fragiles, notamment en lien avec Gaza et les relations israélo-libanaises, donnant aux paroles du pape une portée diplomatique particulière.

Ce que l’on constate, c’est qu’avec ce voyage, le pape Léon XIV se positionne comme un acteur moral et diplomatique. Il cherche avant tout le dialogue et la réconciliation dans l’une des régions les plus instables du monde.

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