La culture comme instrument de soft power en 2025

L’année 2025 fut particulièrement riche en expériences et en événements marquants, mais surtout en productions culturelles. Cinéma, séries, littérature et musique ont occupé une place centrale dans l’actualité mondiale. Ces formes d’expression artistique constituent aujourd’hui des leviers essentiels du soft power, permettant aux États de diffuser leur image, leurs valeurs et leur vision du monde bien au-delà de leurs frontières. La culture apparaît ainsi comme un outil stratégique d’influence, capable de façonner les perceptions internationales et de renforcer l’attractivité d’un pays sur la scène mondiale.

Le cinéma : vitrine de l’imaginaire national

Le cinéma demeure l’un des vecteurs les plus puissants du soft power. Il offre une vitrine de l’imaginaire national et reflète les messages qu’un pays souhaite transmettre au reste du monde. En 2025, de nombreuses productions internationales ont rencontré un succès considérable, confirmant le rôle central du septième art dans la diffusion culturelle à l’échelle globale. Les festivals de cinéma et les cérémonies de récompenses, tels que Cannes, les Oscars ou la Mostra de Venise, continuent de jouer un rôle déterminant dans le rayonnement des œuvres et dans la valorisation du savoir-faire cinématographique national. On observe par ailleurs une montée en puissance des films non anglophones sur les marchés internationaux, témoignant d’une diversification des récits et des esthétiques proposées au public mondial.

Si le cinéma hollywoodien demeure un pilier du soft power américain, d’autres pays s’imposent de plus en plus sur le devant de la scène, à l’image de la Corée du Sud, dont les productions cinématographiques rencontrent un écho international croissant (comme Mickey 17, réalisé par Bong Joon-ho). Le cinéma influence non seulement les goûts culturels, mais également les représentations sociales et, parfois, les débats politiques liés à l’image d’une société.

Les séries : un soft power amplifié par les plateformes

À l’instar du cinéma, les séries occupent une place cruciale dans les stratégies de soft power. L’essor des plateformes de streaming telles que Netflix, Prime Video ou Disney+ a profondément transformé les modes de diffusion, en offrant une visibilité sans précédent à des productions étrangères. Ces plateformes sont désormais de véritables acteurs culturels, capables d’orienter les consommations culturelles mondiales. Longtemps dominée par les États-Unis, l’industrie des séries est aujourd’hui confrontée à une concurrence accrue, notamment asiatique. Les séries sud-coréennes, japonaises ou chinoises connaissent un succès international, contribuant à diffuser des références culturelles et sociales propres à ces pays.

La musique : un langage universel d’influence

La musique constitue sans doute l’un des langages les plus universels du soft power. Grâce aux tournées internationales, aux plateformes de streaming, à l’émergence de nouvelles pop stars et aux grands festivals mondiaux, elle traverse les frontières et influence durablement les cultures.

La Corée du Sud illustre parfaitement l’utilisation stratégique de la musique comme outil de soft power. À travers la K-pop, le pays a développé une stratégie culturelle cohérente, faisant de ce genre musical un symbole de modernité et d’attractivité internationale : nouvel outil de tourisme.

Par ailleurs, la tournée mondiale de Bad Bunny constitue un exemple significatif de l’impact politique de la musique. À travers ses chansons et ses performances, l’artiste a contribué à mettre en lumière la situation politique de Porto Rico et ses relations complexes avec les États-Unis, démontrant ainsi que la musique peut être un vecteur de revendication et de sensibilisation à l’échelle mondiale.

K-Pop Demon Hunters, un succès culturel global

Parmi les phénomènes culturels majeurs de 2025, le film d’animation K-Pop Demon Hunters s’est imposé comme l’un des plus grands succès de l’année. Sorti le 20 juin 2025 sur Netflix, le long-métrage a conquis un public international. Il raconte l’histoire d’un girls band de K-pop, les Huntrix, qui chassent des démons grâce à leur voix et doivent affronter un groupe rival, les Saja Boys, des démons dissimulés sous l’apparence d’un boys band. Si ces groupes sont fictifs, le phénomène qu’ils incarnent est bien réel. La bande-son du film a dominé les classements mondiaux, cumulant près de trois milliards d’écoutes en ligne. Cinq des dix chansons figurent parmi les titres les plus écoutés au monde sur Spotify.

Selon la journaliste Thilda Riou, ce succès s’explique notamment par la capacité du film à rendre la K-pop accessible à un public non initié, tout en faisant découvrir la culture sud-coréenne dans son ensemble. Des éléments emblématiques de la vie en Corée du Sud, tels que la N Seoul Tower ou la gastronomie locale, sont intégrés au récit, renforçant ainsi l’immersion culturelle et l’impact du film en tant qu’outil de soft power.

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