Que se cache-t-il dans la hotte du Père Noël ?

Nous sommes en décembre. L’arrivée des sapins, les lettres au Père Noël, les menus pour le réveillon et les listes de cadeaux à rallonge : les festivités de Noël sont proches. À l’heure où notre plus grande préoccupation est de trouver le cadeau parfait, la hotte du Père Noël renferme un lot de défis écologiques, économiques et éthiques. Cette fête est aujourd’hui l’une des fêtes les plus insérées dans le processus de mondialisation et représente, pour l’ensemble des commerces, une période charnière qui constitue pour les consommateurs la principale période d’achat de l’année.

Bien qu’autrefois cette fête fût chargée de symboles religieux, elle semble se détacher des traditions au profit de la surconsommation.  Les enseignes se livrent à une guerre publicitaire sans relâche. Un grand nombre d’entreprises redoublent d’efforts pour tenter de gagner des parts de marché et attirer l’attention des plus jeunes. Depuis aussi longtemps qu’on s’en souvient, chaque année, dès le mois de novembre, nous voyons apparaître une quantité astronomique de publicités pour des jouets. Il est également fréquent de recevoir des magazines de jouets quelques mois avant les fêtes. Cette compétition s’étend aux supermarchés, aux traiteurs et à d’autres secteurs spécialisés dans les produits particulièrement consommés durant cette période.

L’exemple du foie gras illustre bien ces dérives en soulevant d’importantes questions éthiques liées à la protection animale. L’élevage intensif de canards et d’oies entraîne des effets négatifs sur l’environnement. La fabrication de foie gras soulève, en outre, des questions sanitaires importantes.  Les transports liés à la production génèrent une forte empreinte carbone : déplacements entre les différents sites d’élevage, de gavage et d’abattage, auxquels s’ajoute le maïs utilisé pour l’alimentation, qui parcourt parfois de longues distances.

La production intensive de foie gras menace la biodiversité locale. Les vastes cultures de maïs créent des zones de monoculture peu favorables à la faune sauvage. Les pesticides utilisés affectent les populations d’insectes et d’oiseaux. De plus, certaines zones humides naturelles sont parfois drainées pour permettre l’installation d’élevages.

La fête de Noël s’inscrit pleinement dans le processus de mondialisation contemporaine, comme en témoigne l’ensemble des exportations de sapins de Noël vers l’Europe et le reste du monde. Destruction des sols, dérèglement climatique, pollution des eaux, biodiversité dévastée : ce secteur touche à tous les enjeux environnementaux de notre siècle. Chaque année, des dizaines de millions de ces arbres sont commercialisés à travers le monde, dont au moins 50 millions en Europe et 5 millions en France. Ils sont plantés en monoculture, en rang d’oignon, puis récoltés comme n’importe quel fruit ou légume. Comme pour les autres exploitations intensives, les industriels utilisent également des agents chimiques très nocifs pour l’environnement.


Cette fête illustre parfaitement les dérives de la mondialisation. Noël prend aujourd’hui un nouveau tournant, et il est nécessaire, à l’approche des festivités, de prendre conscience de l’impact des cadeaux que nous faisons. Aujourd’hui, fêter Noël n’a rien d’éthique. Cette période entraîne une explosion des gaz à effet de serre, due à la fois aux déplacements massifs de population pour les rassemblements familiaux et surtout au transport de marchandises entre novembre et décembre. On peut aussi souligner la pollution liée au gaspillage et à l’industrie du jouet, qui tourne à plein régime pendant la période de Noël.

Une autre question à se poser concerne la provenance de ces produits : une grande partie est fabriquée dans des conditions de vie déplorables, exploitant des personnes issues de milieux défavorisés à l’étranger. Majoritairement originaires d’Asie, les travailleurs sont faiblement rémunérés et travaillent dans des conditions néfastes pour leur santé, la plupart étant mineurs. L’industrie du jouet produit 75 000 tonnes de déchets chaque année en France, et 70 % des jouets ne sont plus utilisés huit mois après leur achat. Une autre cause de déchets est souvent oubliée : les papiers cadeaux. Des tonnes de papier cadeau sont jetées directement après avoir été utilisées, et sont souvent non-recyclables. Nous parlons de presque 20 000 tonnes de papier cadeau consommées en France chaque année.

Que pouvons-nous donc faire aujourd’hui pour un Noël plus responsable ?

  • Privilégier l’achat de cadeaux locaux et artisanaux, 
  • Soutenir des boutiques indépendantes,
  • Privilégier un menu local et de saison,
  • Utiliser du papier cadeau réutilisable, 
  • Éviter de commander sur des plateformes de e-commerce. 

En prenant connaissance de tous ces enjeux, nous pouvons tous porter un regard nouveau sur nos modes de consommation en cette période festive. Noël reste avant tout une fête de partage et une occasion de se rassembler. Il ne s’agit pas d’abandonner Noël, mais plutôt de le réinventer. Un Noël plus vert, plus responsable et plus juste devient ainsi indispensable. 



SOURCES
  • https://www.wwf.fr/agir-au-quotidien/pour-un-noel-plusvert
  • https://mrmondialisation.org/sapin-de-noel-une-industrie-qui-fait-tache/
  • https://www.animalweb.be/fr/catalog/677articles/12713-pourquoi-ne-pasconsommer-de-foie-gras-de-canard-ou-d-oie-a-noel/
  • https://defeder.es/fr/l-impact-environnemental-de-noel/
  • https://misterprepa.net/geopolitique-de-noel-les-dessous-dune-fete-aux-enjeux-majeurs/

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