Ce mois-ci nous vous proposons 3 Interviews concernant la mobilité universitaire effectuée le dernier semestre de L3.
Pour aider au mieux nos L1 et nos L2 qui doivent bientôt faire leurs choix, trois L3 ont bien voulu faire part de leur expérience d’échange universitaire et de stage en Chine, en Allemagne et à Taïwan.
Keying Wu, ancienne étudiante en LEA anglais-chinois nous fait part de son expérience d’échange universitaire dans l’université NCU à Taïwan dans la ville de Taoyuan.
- Pourquoi as-tu choisi un échange universitaire plutôt qu’un stage ?
J’ai choisi l’échange universitaire plutôt que le stage car j’avais déjà effectué un stage en L1 au Japon. J’avais donc déjà une expérience de stage à l’étranger et n’ayant jamais étudié dans un autre pays, mon choix était vite fait ! De plus, ma langue d’apprentissage étant le chinois, trouver un stage semblait compliqué voir impossible. Les professeurs nous ont aussi encouragés à faire l’expérience d’étudier un semestre à l’étranger.
- Pourrais-tu nous expliquer les préparatifs avant le voyage ?
Concernant les préparatifs, je n’ai personnellement pas fait de test de langues. Pour le visa il faut s’y prendre assez à l’avance, environ 3 à 4 semaines et le coût est assez important mais rien de compliqué. Concernant le logement, mon université avait des dortoirs donc j’ai dû communiquer avec la responsable des mobilités de NCU car l’ESTRI ne s’en occupe pas. Le coût du dortoir était de 300€ pour le semestre mais arrivé sur place nous avons dû acheter le matelas et des draps. Il y a aussi la possibilité de trouver un autre logement mais la tâche est plus compliquée et coûteuse.
- Est ce que tu as eu accès à une bourse ?
Je ne l’ai personnellement pas faite mais il y a bien une bourse disponible que mes camarades ont fait les démarches pour qui est la BRMI.
- Sur place comment as tu trouvé les cours ? Comment s’est passée la sélection des cours ?
À NCU mon niveau de chinois a énormément progressé mais le premier mois a été très difficile car on est directement confronté au chinois traditionnel alors qu’ en France nous avons l’habitude au chinois simplifié. Au début ça fait peur mais si on se montre ardu dans ses études on s’épanouit vite. Concernant les cours nous avions des cours de chinois intensif de deux heures tous les matin que je conseille fortement malgré la charge de travail. Avant de choisir nos cours, deux semaines ont été mises à notre disposition pour essayer des cours et voir s’ ils vont nous plaire ou non. Il faut bien sûr choisir des cours en rapport avec son cursus en France et envoyer un mail à l’ESTRI pour qu’ils approuvent notre choix.
- Quelles sont les plus grosses différences entre l’université à Taïwan et l’université en France ?
Le système éducatif est totalement différent de la France. Nous avions un peu de travail à faire tous les jours et en temps que français nous n’avons pas l’habitude car nos devoirs sont souvent donnés une semaine à l’avance, ce qui prend du temps. Concernant la façon d’enseigner j’ai trouvé leurs méthodes plus efficaces ce qui rendait le cours plus intéressant. Je ne suis pas une très bonne élève mais la façon dont était structuré le cours l’a rendu plus intéressant. À Taïwan les il n’y a pas de distinction entre les cm et les td donc en deux heures de cours il y a une partie cours et une partie exercice.
- As-tu rencontré des difficultés au niveau de la langue ?
Personnellement non car le chinois est une de mes langues maternelles mais mes camarades ont eu du mal avec les différents accents. En plus du chinois traditionnel, sur place tout le monde parle très vite.
- Sur le plan personnel qu’est ce que cette expérience t’as apportée ?
Je me répète mais mon chinois s’est vraiment amélioré et j’ai aussi fait de très belles rencontres. C’est bateau à dire mais je pense qu’étudier à l’étranger est une expérience à vivre en tant qu’étudiant.
- As-tu eu des chocs culturels ?
Mon plus gros choc culturel a été que matin, midi et soir les repas se font à l’extérieur dans des petit restaurants. Cela fait partie de leur culture de cuisiner très peu chez soi et régulièrement sortir manger à l’extérieur. Nous n’avons presque jamais utilisé la cuisine de notre dortoir car sortir pour manger était moins cher et plus pratique de cuisiner chez soi. Personnellement j’ai l’habitude de cuisiner chez moi donc cette pratique est vite devenue redondante.
- Aurais-tu un conseil pour les L2 qui vont devoir bientôt faire leurs choix ?
Je leur conseille de bien réfléchir à ce qui va le plus vous apporter entre la Chine et Taïwan notamment pour les futurs choix de masters. Par exemple, certains masters, le plus souvent en politique, préfèrent un échange à Taïwan plutôt qu’en Chine.
Charline Maugain est une ancienne étudiante du parcours Anglais-Allemand avec l’option chinois ainsi que le Diplôme Universitaire en Communication et Traduction qui nous fait part de son expérience de stage de fin d’année de licence. Elle poursuit aujourd’hui ses études à l’ESTRI en master en communication et management. Elle a choisi d’effectuer son stage de fin d’études à Cologne, en Allemagne.
- Pourquoi as-tu choisi de faire un stage plutôt qu’un semestre dans une université étrangère ?
J’avais envie d’acquérir une expérience professionnelle concrète. Le stage me semblait être une occasion de développer des compétences directement utiles pour mon futur métier et aussi d’enrichir mon CV. J’ai pu apprendre à avoir des responsabilités et des objectifs à atteindre.
- Comment as-tu trouvé ton stage et quels ont été les préparatifs à organiser ?
C’est mon professeur d’allemand qui m’a aidée à trouver ce stage. J’ai aussi pu discuter avec une ancienne élève qui avait fait le même stage quelques années avant moi. J’ai travaillé dans une entreprise de e-commerce de gâteaux à Cologne. C’est une ville internationale qui est très agréable à vivre, il y de quoi s’occuper et elle est aussi très belle, c’était un endroit idéal.
Après avoir postulé j’ai passé deux interviews avec l’entreprise, une en français et une en anglais. J’ai reçu la réponse définitive fin novembre. La recherche de logement a été assez compliquée, notamment à cause des nombreuses arnaques en ligne. j’y ai passé beaucoup de temps. Toute mon expérience a été confirmée et prête aux alentours de décembre.
- À quoi ressemblait ta semaine de travail sur place ?
Pendant les trois premiers mois, je travaillais de 8h à 17h30 au service clients. Mon travail était par exemple de répondre aux mails, aux appels et de gérer les problemes de commandes. Les trois mois suivants, j’ai rejoint le service de création de contenus, avec un horaire de 8h à 16h. Ça a vraiment été une belle expérience et surtout plus en lien avec mon parcours en communication. Par exemple, j’ai participé à des partenariats avec des influenceurs,j’ai pu organiser des événements etc…
Dans l’ensemble le rythme était soutenu, j’ai passé les trois premiers mois de stages devant l’ordinateur et ma pause de midi durait trente minutes mais pour autant ça a été formateur et vraiment enrichissant
- As-tu rencontré des difficultés liées à la langue ?
Oui, parfois. Même si j’avais déjà un bon niveau d’allemand, je me suis déjà retrouvée en difficultées au téléphone avec des clients et dans ces cas là je me suis toujours sentie accompagnée et aidée par mes collègues. Mon équipe était française, il y avait une autre équipe allemande et une autre anglaise par exemple. Mes collègues ont toujours été bienveillants et attentifs en cas de difficulté.
- Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté sur le plan personnel ?
J’ai beaucoup gagné en indépendance et en débrouillardise. Vivre seule à l’étranger et s’adapter à un nouvel environnement professionnel seule m’a demandé de l’organisation et de la confiance en moi. Les premiers temps n’étaient pas faciles mais j’ai su apprendre à y faire face. J’ai aussi fait de très belles rencontres, surtout avec les autres stagiaires qui arrivaient au fur et à mesure de ma période de stage. j’ai eu la chance de créer de vrais liens d’amitiés.
- As-tu un souvenir marquant de ton séjour ?
Je dirais qu’un de mes plus beaux souvenirs à été lorsqu’avec la classe d’allemand nous nous sommes tous retrouvés au carnaval de Cologne. C’était amusant de se voir dans un contexte pareil et que tout le monde ai réussi à s’organiser pour se rejoindre m’a vraiment plu.
- Quels conseils donnerais-tu à des étudiants qui souhaitent faire un stage à l’étranger ?
Je leur conseillerais de bien réfléchir à l’immersion qui leur correspond : un stage ou un semestre à l’étranger. Les expériences sont très différentes. Je pense que le stage permet de plonger dans le monde du travail et de développer des compétences concrètes et d’assumer des responsabilités. c’est intéressant pour son cv et pour son futurs professionnels en entreprise.
Je leur recommande aussi de s’y prendre en avance surtout pour la bourse. La recherche de stage, les démarches administratives et les réponses sont longues. S’y prendre en avance, ça permet de moins stresser et d’être sûr de trouver l’expérience qui nous plait.
Camille Gehin, aujourd’hui en master LEA « Langues, cultures et affaires de l’Asie ». L’an dernier, elle a passé un semestre à Pékin dans le cadre de sa licence. Elle nous raconte son immersion, entre apprentissage du chinois et découvertes culturelles.
- Pourquoi as-tu choisi un échange universitaire plutôt qu’un stage ?
Je voulais faire cette expérience d’étude à l’étranger, et Taïwan aurait pu être une alternative, mais je souhaitais progresser en chinois simplifié, et non réapprendre ce que je connaissais déjà en caractères traditionnels. L’objectif était donc clair dès le départ.
- Quels ont été les préparatifs avant le voyage ?
Malgré des réponses assez tardives dues à des embûches administratives, une fois la confirmation communiquée, la BFSU (Beijin Foreign Studies University,NDLR) nous a rapidement envoyé des documents détaillés. A noter: en général, dans les universités en Chine et en Asie, le semestre commence plus tard donc les inscriptions aussi, ce qui peut être assez stressant. En ce qui concerne le logement, il était compris dans les frais de scolarité. Il fallait juste s’inscrire et choisir son type de chambre ce qui peut faire fluctuer le prix.
Nous n’avons pas dû passer de tests de langue au préalable, mais une fois sur place on a évalué notre niveau pour déterminer nos classes.
- As-tu eu accès à une bourse ?
Oui, j’ai eu accès à la BRMI. Elle était à peu près de 1500€: 1200 € versés avant le voyage et le solde au retour d’environ 300€
- Sur place, comment as-tu trouvé les cours ?
J’ai vraiment adoré !
Nous n’avons pas pu directement choisir nos cours, un peu comme en France. Il a fallu choisir un cursus plutôt que des cours individuels. Nous avons choisi le cursus d’apprentissage du chinois qui faisait exactement le bon nombre de crédits à valider.
- Quelles sont les plus grosses différences entre l’université en Chine et l’université en France ?
Ce n’est pas très représentatif du système chinois car nous étions dans un cursus fait pour les étrangers mais j’ai toutefois noté que les cours étaient beaucoup plus interactifs. Ce n’était pas du tout sur le modèle d’un enseignant au tableau, mais plutôt sous forme de débats et de discussions. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles mon chinois s’est autant amélioré. En terme de vie étudiante c’est plus sur le modèle “américain”: de gros campus où on peut constamment faire des activités, et où faire le tour nous prendrait 30 min !
- As-tu rencontré des difficultés au niveau de la langue ?
Le début de l’immersion m’a demandé beaucoup d’efforts, le temps de m’habituer à la langue. J’étais épuisée par le fait de n’échanger qu’en chinois. Il m’a fallu plus d’un mois avant d’être à l’aise avec l’accent Pékinois, ça a été dur de s’y habituer parce que c’était vraiment nouveau. Je dirais que c’est au bout de deux mois que j’ai commencé à être à l’aise. Aussi, les pékinois ne parlent presque pas l’anglais, tout l’administratif était en chinois. Alors à mon arrivée pour faire mes inscriptions, c’était compliqué! Heureusement qu’on était deux pour s’entraider! Le nouveau vocabulaire revenait régulièrement au quotidien, donc avec le temps on s’y est familiarisé.
- Sur le plan personnel, qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?
J’ai vraiment débloqué l’oral, domaine dans lequel j’avais le plus de lacunes pendant mes études. Je ne parvenais pas à aligner trois phrases correctes en chinois ! En arrivant à Pékin, j’ai été forcée de parler pour communiquer, et c’est ce qui m’a permis de m’améliorer. Aujourd’hui, je peux avoir des conversations, et je me sens beaucoup à l’aise.
- As-tu vécu des chocs culturels ?
Ce qui m’a le plus marqué, c’est la différence de codes sociaux, dans la rue les gens ne sont concentrés que sur eux-mêmes sans porter d’attention aux autres. Par exemple, si on se fait bousculer en France on se serait offusqué mais là bas c’est fréquent et surtout banal. Le point positif à été qu’il n’y avait pas de jugement, des personnes déguisées ne se font pas remarquer par exemple.
- Aurais-tu un conseil pour les L2 qui vont bientôt devoir faire leur choix ?
Je ne regrette pas du tout d’être partie en Chine et mes camarades partis à Taiwan n’ont pas regretté leur choix non plus. Je pense que si on veut apprendre une langue il faut être en immersion dans le pays, en six mois là-bas j’ai pu m’améliorer presque autant qu’en six mois à l’ESTRI. Il faut aussi y aller en sachant qu’une grosse charge de travail pendant le semestre sera présente.
