Où sont passés nos L3 ?

En troisième année, il est attendu du programme LEA de l’ESTRI de faire une mobilité universitaire ou un stage. Ce temps est donc venu pour nos L3 de partir, et pour nos couloirs d’être un peu plus vides ! 

Nous vous proposons ce mois-ci 4 interviews d’élèves de L3 partis en stage pour leurs derniers semestres. 

Tout d’abord nous avons Elsa partie en Espagne à Malaga (sud de l’Espagne) pour un stage de 6 mois en réception dans un hôtel Ibis. 

  • Comment as-tu préparé ton voyage ? (visa, logement, bourse…)

Mon voyage a été assez rapide à préparer, j’ai eu la réponse positive pour mon stage au début de novembre et j’ai commencé à travailler le 19 janvier. Par rapport à l’administratif je n’ai pas eu besoin de visa mais d’un INU, un numéro d’identification pour que je puisse effectuer mon stage. Pour ça je me suis rendue au consulat d’Espagne, et il m’a été envoyé par mail assez rapidement. C’est un numéro que je devrais renouveler sur place dans les prochains mois. Par rapport à la sécurité sociale, il m’a suffi de créer un compte en ligne avec les informations liées à l’entreprise et mon stage. Je bénéficie aussi de la bourse Erasmus. Avant le départ j’ai postulé et ai envoyé mon dossier avec mes renseignements sur le stage et l’entreprise avec ma convention de stage signée par l’entreprise et la faculté. 

Pour le logement, j’ai pris peur au départ car les prix étaient très élevés. Pour ça, ma mère m’a aidé et il m’a fallu deux semaines de recherches intenses pour que je réussisse à trouver une colocation à seulement une vingtaine de minutes à pied de mon lieu de stage. On a cherché sur des sites comme Airbnb, Housing Anywhere, Erasmus Student, Univ Places.

  • En quoi ton quotidien est différent de celui que nous pouvons généralement avoir en France ?

C’est la première fois que je me retrouve toute seule à l’étranger, en première année je suis partie faire une mission au pair avec une amie, l’environnement était familial alors c’est la première fois que je me retrouve seule dans ces conditions. Dans le quotidien, je remarque une vraie différence dans l’ouverture aux autres des Espagnols, le contact est beaucoup plus facile à entreprendre. Les collègues avec qui je travaille et les interactions que j’ai pu avoir sur place montrent que c’est facile et agréable de discuter et d’interagir avec les personnes. 

Par rapport à mon stage, mes horaires sont particuliers je peux avoir des journées qui commencent à 7 h jusqu’à 15 h ou de 15 h jusqu’à 23 h. De plus, la pause repas dure de 14 h à 16 h au lieu de commencer à midi comme en France. 

  • Est-ce que tu as eu des difficultés d’adaptation à la langue ou à l’accent ? 

L’enjeu de la langue était un vrai challenge pour moi car je fais Espagnol en LVB alors je ne suis pas complètement à l’aise. C’est aussi pour ça que j’ai décidé de partir en Espagne, je voulais m’améliorer un maximum en espagnol. À Malaga, les locaux parlent rapidement et surtout avec un accent particulier, ils n’articulent pas beaucoup et ne prononcent pas les -s, par exemple. C’est assez frustrant aussi car je comprends mieux la langue que je ne peux la parler : lorsque j’échange avec des collègues, je n’arrive pas encore à formuler des phrases entières en étant à l’aise et en exprimant tout ce que je veux dire. 

  • Est-ce que tu t’es sentie accueillie ? (amitiés sur place, etc.) 

J’ai été agréablement surprise par l’accueil chaleureux et gentil de tous mes collègues de travail. J’ai ressenti dès le départ de la bienveillance de leur part, et ça m’a bien rassurée d’arriver dans un milieu qui ne m’était pas du tout hostile. 

Deuxièmement, nous avons Oriane Sabatier, partie en stage à Valence en Espagne dans la chambre de commerce franco-espagnole.

  • Comment as-tu préparé ton voyage ? (visa, logement, bourse…)

Pour ma mobilité, je n’ai pas vraiment cherché en fonction de la destination mais des opportunités. 

Pour la préparation de mon voyage, déjà j’ai réservé le billet d’avion en avance pour payer moins cher, surtout pour les bagages. Par rapport au logement, j’ai trouvé le mien sur Idealista, c’est un site connu en Espagne, c’était pas facile à distance mais pour éviter au mieux les arnaques je demandais toujours une visite de l’appartement en appel vidéo. Pour le stage, j’ai dû demander un numéro d’identification espagnol au consulat espagnol à Lyon. Je m’y suis aussi prise en avance car le temps d’avoir un rendez-vous et que ma demande soit traitée il aura fallu presque un mois. Il m’a aussi fallu avoir une convention signée de l’école et de l’entreprise. Enfin j’ai demandé une bourse Erasmus+, que j’ai obtenue. Elle m’est vraiment utile parce que mon stage n’est pas rémunéré. J’ai aussi demandé une bourse de région, mais je n’ai pas encore eu de réponse. 

  • En quoi ton quotidien est différent de celui que nous pouvons généralement avoir en France ?

À Valence mes journées de travail commencent à 9 h 30 et finissent à 18 h 30, ce qui change surtout de la fac, c’est que la pause déjeuner dure de 14 h à 15 h ce qui est quand même plus tard. Au départ c’était dur de s’y habituer mais maintenant je m’y suis habituée. Tout au long de la journée, je suis assise à mon bureau pour travailler et ce qui aide, c’est que la chambre organise souvent des événements et activités. En général, il fait bon vivre en Espagne et je trouve que c’est ce qui me change le plus, les gens sont chaleureux et très gentils, la température est vraiment agréable.

  • Est-ce que tu as eu des difficultés d’adaptation à la langue ou à l’accent ? 

Au début oui car l’espagnol appris en classe n’est pas forcément aussi utile dans des conversations de tous les jours, ça m’aide surtout à l’écrit. Par exemple pour m’inscrire à la salle de sport, ou pour commander à manger, au départ je me suis aidée de DeepL pour être certaine de ne pas me tromper, avec le temps c’est venu naturellement. Aussi, j’ai hésité à me faire une liste de vocabulaire pour des expressions comme toquer à la porte qu’en cours on a pas appris et qui sont très utiles. Par rapport à l’accent, je n’ai pas eu de problèmes, je dirais même que l’accent appris en classe était peut-être un peu plus dur, en tout cas leur accent est très joli.

  • Est-ce que tu t’es sentie accueillie ? (amitiés sur place, etc.)

Les gens sont chaleureux et c’est agréable d’échanger avec eux. Je suis en colocation avec d’autres étudiantes en Erasmus, elles ont rejoint l’appartement il y a seulement quelques semaines et depuis leur arrivée c’est agréable d’avoir de la compagnie pour sortir et discuter. J’ai aussi été agréablement surprise par l’ambiance des rues le soir, à Lyon ou même Paris en tant que femme, il faut faire attention et surtout l’ambiance peut vite devenir opressante, ici c’est tout le contrairee. Je n’ai jamais reçu de remarques déplacées, je me sens en sécurité. Je dirais donc que je me suis sentie bien accueillie, oui.

Enfin nous avons Marie-Xuân Lu’u Claverie partie à Hanoï au Vietnam pour un stage de 4 mois dans l’entreprise Hisa, pour les étudiants en échanges internationaux. (https://share.google/xUXwTtYTbxzgLigRE)

  • Comment as-tu préparé ton voyage ? (visa, logement, bourse…)

Très concrètement, j’ai fait une exemption de visa car j’ai la nationalité vietnamienne, mais mon passeport est périmé, donc j’ai eu un certificat sur mon passeport français attestant que je n’ai pas besoin de visa pour venir au Vietnam pendant une durée de cinq ans.

Concernant le logement, j’ai la chance d’avoir toute ma famille paternelle au Vietnam, donc je suis logée, ce qui me permet de faire des économies considérables même si le coût de vie est très peu cher par rapport à la France. De plus, j’ai la bourse à la mobilité Rhône-Alpes (BRMIE) et celle du CROUS.

  • En quoi ton quotidien est différent de celui que nous pouvons généralement avoir en France ?

Je pourrais dire beaucoup de choses par rapport à ça ! Mais il y a des points essentiels sur lesquels la vie quotidienne n’a rien à voir avec celle en France. 

Premièrement, ce serait sur le vivre-ensemble ; c’est un point essentiel ici dans la communauté vietnamienne. Être proche les uns et des autres, faire les choses ensemble, et ne jamais laisser quelqu’un seul. Cela veut dire qu’une personne qui va se balader seule peut paraître bizarre et étrange. 

Ensuite, un autre point est l’importance de la nourriture et du sommeil. Par exemple, au travail il y a la possibilité de faire la sieste, ce qui n’est pas du tout le cas en France qui en est très très loin. Du moment que la personne fait bien son travail, il n’y a aucun problème à ce qu’elle prenne soin de sa santé, même au sein de l’entreprise, tant que la personne fait bien son travail. J’apprécie beaucoup l’importance du manger et du dormir. C’est primaire mais il est vrai que c’est très important et cela fait toute la différence, en France nous n’avons pas le temps et le droit de se poser. 

  • Est-ce que tu as eu des difficultés d’adaptation à la langue ou à l’accent ? 

J’ai effectivement eu beaucoup de difficultés, notamment par rapport à mon histoire avec le Vietnam. Pour contexte, je suis née au Vietnam d’un papa vietnamien, toute ma famille paternelle est donc vietnamienne et en France, une grande majorité de ma famille a des liens avec le Vietnam. J’ai donc baigné toute ma vie dans cette culture, et pourtant en arrivant ici je m’attendais à être l’une des leurs et à être tout simplement considérée comme vietnamienne. Mais j’ai beaucoup de difficulté à m’adapter, je pense que ça prendra du temps car les gens me considèrent comme une étrangère, par exemple les gens dans la rue disent souvent « elle, elle est mixte ». Au niveau de la langue, on entend quand je parle vietnamien que je ne le suis pas, que je n’ai pas grandi ici, que je ne suis pas d’ici, et que je n’ai pas les bonnes expressions. C’est donc assez dur pour moi, je me pose des questions sur mon identité et où est ma place. 

  • Est-ce que tu t’es sentie accueillie ? (amitiés sur place, etc.)

D’une certaine manière, je suis accueillie mais avec une distance. C’est-à-dire que je suis vue d’un œil méfiant, peut-être pas méchant, mais je suis extérieure, ce qui est très dur. En ayant vécu et grandi en France, avec des origines et avec des traits sur mon visage qui viennent du Vietnam, je me suis toujours considérée comme Vietnamienne. Je me sens 100 % vietnamienne, mais pour les vietnamiens, je suis française et pour beaucoup de français, je suis vietnamienne. Et c’est très dur pour moi de vivre entre les deux.

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