Source : Le Monde | En bas à droite, on lit sur une pancarte le nom de Liam Ramos, un enfant de 5 ans enlevé par l’ICE à Minneapolis
L’ICE (« Immigration and Customs Enforcement”) est une agence fédérale inaugurée officiellement en 2003 sous la présidence de George W. Bush, après les attentats du 11 septembre, dans le but de renforcer la sécurité intérieure du pays. Sur le website officiel de ICE, il est inscrit que « L’ICE accomplit sa mission […], en mettant l’accent sur la prévention du terrorisme, l’application des lois sur l’immigration et la lutte contre la criminalité transnationale. ». Sous l’administration Trump, elle est devenue un symbole inhérent de la politique anti-immigration et des violences qui s’ensuivent. L’ICE compte désormais plus de 20 000 agents répartis dans plus de 400 bureaux aux États-Unis et dans le monde entier, avec un budget annuel d’environ 8 milliards de dollars.
Dès son investiture, Trump signe un nombre de décrets qui renforce les prérogatives de l’agence. Par exemple, toute personne accompagnant un criminel ciblé par l’ICE peut désormais être arrêtée avec lui, même si elle n’était pas initialement ciblée. Par ailleurs, l’ICE peut procéder plus facilement à des interpellations dans des lieux publics comme les écoles, les églises, les commerces, les restaurants ou les administrations.
Depuis début janvier, plus de 2 000 agents de l’ICE errent dans les rues de Minneapolis au Minnesota. Les évènements qui se déroulent dans cette ville cristallisent les tensions du pays autour des politiques migratoires de Washington. Des arrestations publiques ont mené à des protestations, qui ont culminé lors du tir fatal sur Renee Nicole Good le 7 janvier, une citoyenne américaine de 37 ans, accusée d’avoir tenté d’écraser des agents avec son véhicule. Les forces de l’ordre présentes ne portent pas immédiatement secours à la victime tout en faisant obstacle aux premiers soins proposés par un médecin. Le 24 janvier, Alex Pretti, un infirmier ayant également 37 ans, a été abattu après avoir pris la défense d’une femme interpellée par l’ICE. 10 coups ont été tirés au total, après que l’homme ait été aspergé de gaz lacrymogène et plaqué au sol glacé. La vidéo de leur mort tourne sur les réseaux, provoquant l’indignation de l’opinion publique, et a mené à l’annonce du retrait “immédiat” de 700 agents de l’ICE.
Alors que les manifestations civiles se multiplient et que les élus démocrates expriment leur mécontentement, le gouvernement et ses représentants continuent de nier les faits et accusent les victimes Good et Pretti d’avoir été des individus dangereux mettant en danger l’ordre public.
Minneapolis est loin d’être le seul endroit où de telles tragédies se perpétuent, mais la ville est un miroir d’une Amérique profondément divisée. La peur est instrumentalisée pour maintenir l’ordre public, mais les derniers évènements montrent que le résultat est tout autre, et le silence continu du gouvernement ne fait qu’attiser la violence et la défiance généralisées.
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