Viktor Orban lors d’un meeting de la campagne législative, à Budapest le 23 mars 2026 (ATTILA KISBENEDEK / AFP)
Après 16 ans au pouvoir, le Premier ministre hongrois Viktor Orban mène une importante campagne de réélection contre son rival Péter Magyar. Les législatives se tiendront ce dimanche 12 avril 2026, et Orban compte bien mener son parti, le Fidesz, à la victoire pour la cinquième fois.
A la fin de la Guerre Froide, ce jeune parti démocrate de centre gauche suscitait l’espoir en Hongrie, face à la Ligue des jeunes communistes hongrois. Trois décennies plus tard, le Fidesz s’est transformé, devenant le pilier d’un pouvoir marqué par le nationalisme et la méfiance envers l’Union européenne, et soutenant un discours populiste et conservateur. Aujourd’hui, le parti du Premier Ministre baisse régulièrement dans les sondages, face au Parti Respect et liberté (Tisza) de Péter Magyar. Avocat de 45 ans et député européen de centre droite, il contraste fortement avec Orban, bien qu’il soit originellement parti lui aussi du Fidesz.
Ce changement de vote est partiellement dû à la situation économique dans le pays, avec une faible croissance (0,6% fin 2025) et une forte hausse des prix (+50% entre 2020 et 2025). La situation est de par ailleurs exacerbée par des tensions avec Bruxelles, qui a gelé 18 milliards de fonds en aides européennes, dû à un non-respect de l’Etat de droit.
Malgré cela, Orban bénéficie de l’aide de puissants alliés tels que la Russie ou encore les Etats-Unis. Le vice-président américain JD Vance sera en effet à Budapest mardi et mercredi pour soutenir sa candidature, un supposé modèle européen pour sa lutte contre l’immigration et la préservation des valeurs chrétiennes.
L’élection du 12 avril sera donc décisive pour Viktor Orban, dont le pouvoir semble pour la première fois véritablement contesté, et pour la Hongrie, dont les tensions internes cristallisent les tensions au sein de l’Europe.
